Aujourd’hui, les écrans sont partout. Dans nos poches, sur nos bureaux, dans les salles d’attente, les transports, les écoles, les supermarchés…
Ils nous accompagnent du réveil au coucher, souvent sans qu’on s’en rende compte. On les consulte “juste une seconde”, puis une minute, puis trente.
Et cette omniprésence façonne notre santé, nos habitudes, notre attention et même notre manière de travailler ou de nous détendre.
Pourquoi les écrans occupent autant d’espace dans nos vies ?
Parce qu’ils simplifient tout.
On s’informe, on discute, on apprend, on consomme, on travaille, on se divertit… en glissant un doigt sur une surface en verre.
Les écrans sont devenus nos outils, nos assistances permanentes, mais aussi nos échappatoires.
Et comme tout ce qui devient automatique, ils finissent par prendre plus de place que prévu.
L’impact des écrans sur la santé : un risque discret, mais réel
L’effet des écrans n’est pas brutal. Il est progressif. On ne le sent pas arriver.
Pourtant, il creuse son sillon dans plusieurs aspects de notre santé.
1. La fatigue visuelle et la lumière bleue
Entre le travail, les réseaux sociaux, les séries et les notifications, nos yeux ne se reposent presque plus.
La lumière bleue, elle, stimule artificiellement le cerveau et dérègle le sommeil.
Résultat : endormissements plus longs, nuits de moins bonne qualité, réveils plus lourds.
2. La surcharge cognitive
Trop d’informations, trop vite, trop souvent.
Le cerveau reste en mode “alerte”, sollicité par des mini-stimuli en continu : messages, alertes, vibrations, pop-ups.
Cette hyper-stimulation use la concentration, réduit la patience et épuise mentalement.
3. Le corps qui s’adapte… dans le mauvais sens
Devant un écran, on bouge moins. On courbe le dos, on tasse les cervicales et on écrase les épaules.
Avec le temps, ça crée des tensions, des douleurs chroniques bref une baisse d’énergie générale.
Les écrans au travail : efficacité ou illusion de productivité ?
Dans le monde professionnel, les écrans sont indispensables. Mais ils sont aussi la cause d’une grande partie de nos interruptions quotidiennes.
1. Le multitâche numérique : l’ennemi invisible
Changer d’onglet, vérifier un mail, répondre à une notification Teams ou Slack :
chacune de ces micro-ruptures nous fait perdre du temps… et beaucoup plus qu’on le pense.
La productivité baisse mais la charge mentale grimpe.
2. Le travail assis et prolongé
Les métiers connectés immobilisent.
Et l’inactivité prolongée contribue à la fatigue, au manque de motivation, au stress et parfois même au burn-out.
3. Le paradoxe du “tout numérique”
On travaille plus vite mais on s’épuise plus vite. On communique plus mais on se parle moins. L’écran rapproche et distance à la fois.
Les écrans dans les loisirs : un refuge… mais aussi une échappatoire
Quand le travail est terminé, les écrans continuent.
On scroll, on regarde, on joue, on consomme du contenu sans vraiment s’arrêter.
1. Le temps libre qui devient “temps connecté”
Le repos ne repose plus car un moment pour “décompresser” devient souvent un moment d’exposition supplémentaire.
2. L’illusion du divertissement infini
Les plateformes sont pensées pour nous garder : playlists qui s’enchaînent, vidéos automatiques, recommandations personnalisées.
On ne choisit plus vraiment ce qu’on regarde : on se laisse porter.
3. Le lien social numérique
L’écran peut rassembler, mais il peut aussi remplacer.
Parfois on parle plus à travers lui qu’en face à face.
Comment retrouver une vraie place pour les écrans dans nos vies ?
Les écrans ne sont pas le problème.
C’est notre manière de les utiliser qui détermine leur impact.
Voici quelques pistes simples :
• Créer des zones sans écran : chambre, repas, moments familiaux.
• Limiter les notifications pour réduire la pression mentale.
• Faire des pauses régulières (la règle du 20-20-20 est parfaite : toutes les 20 minutes, regarder à 20 mètres, pendant 20 secondes).
• Revenir à des activités hors-ligne : lecture papier, marche, sport, journal, conversation.
• Définir des créneaux de connexion au lieu d’être disponible en permanence.
Le but n’est pas de supprimer les écrans. Le but est de reprendre la main.
Conclusion : remettre de l’humain au milieu du numérique
Les écrans ont transformé nos vies. Certains changements sont extraordinaires. D’autres sont plus subtils, plus insidieux.
Mais au fond, tout se joue sur l’équilibre car quand on redonne du temps à notre corps, à notre esprit, à nos relations. Les écrans reprennent naturellement la place qu’ils devraient avoir : une place utile, pratique… mais jamais dominante.
Jérémie COUSSEAU
